Développement personnel

La Prévention de l’Épuisement – les 7 Signes à Surveiller

Première partie : rencontre avec Annie, facilitatrice de changement

Vous avez sûrement déjà entendu parler de burn-out ? Mais surtout, en connaissez-vous réellement les symptômes ? Ce syndrome d’épuisement fait de plus en plus parler de lui, exacerbé par la course à la performance et la sur-sollicitation de la vie quotidienne. Certains le surnomment même « phénomène de mode », mais est-ce réellement le cas ? Le burn-out reste encore entouré de beaucoup de questionnements. C’est pourquoi j’ai invité Annie pour éclairer notre lanterne. Facilitatrice de changement, coach et conférencière dans le domaine de la prévention de l’épuisement, elle s’adresse plus spécifiquement aux femmes. Victime d’un burn-out, Annie s’est retrouvée au bout du rouleau. Pour se relever, elle a dû se réinventer complètement. Dans ce 35e épisode du podcast « Le bonheur me va si bien », Annie évoque le vaste sujet de l’épuisement, qu’elle connaît donc très bien. Prenez garde et observez attentivement les signes qui doivent vous alerter. N’attendez pas ce moment où vous ne pourrez plus sortir de votre lit, parce qu’une fois que vous en êtes là, vous pouvez mettre des années à vous relever. Annie va détailler pour nous les signes et autres fausses croyances qui entourent ce syndrome du siècle. Prenez connaissance de ces informations sans plus tarder, on ne sait jamais.

Burn out les signes précurseurs

1. Les besoins fondamentaux pour la prévention de l’épuisement

Le syndrome du burn-out est lié à une sur-activité. Ce surmenage entraîne un épuisement généralisé. C’est l’accumulation de toutes ces choses qui vous amène au point de non-retour. Vous êtes exténuée. Longtemps associé au milieu du travail, le phénomène s’observe de plus en plus au niveau personnel. Ainsi, l’épuisement peut être parental et/ou familial. 

Les premiers signes à surveiller

Concernant la prévention de l’épuisement, le premier indice que vous devez observer est plutôt facile à repérer, car il est en lien avec vos besoins fondamentaux. Il s’agit de la non-réponse aux besoins physiologiques pour le bon fonctionnement de votre corps. Vous ne le respectez plus et ne pourvoyez plus aux besoins de premières nécessités :

  • le sommeil : difficultés à s’endormir, insomnies, mauvaises nuits, etc. 
  • la faim : mauvaise alimentation, saut de repas, etc.
  • la soif : oublier de boire, etc. 
  • etc. 

« Je pouvais complètement oublier de manger ou de boire de l’eau pendant toute une journée parce que j’étais trop concentrée sur les choses que j’étais en train de faire. » 

Le repos

Le burn-out ne se guérit pas avec une semaine de vacances, c’est pourquoi la prévention de l’épuisement est essentielle. Les attentes de guérison sont souvent irréalistes. L’employeur – ou le conjoint – s’attend à ce que vous alliez mieux en très peu de temps. Mais c’est un mal-être profond et persistant. Vous avez besoin de repos, c’est indéniable. Mais pas seulement. Les vacances ne vous apporteront pas vraiment de plaisir étant donné l’accablement que vous ressentez. En mode survie, tout ce à quoi vous aspirez, c’est dormir. Le burn-out demande un temps de guérison comme pour n’importe quelle affection. Vous devez redonner à votre corps ce dont il a besoin pour se reconstruire, et réalimenter votre réserve d’énergie. 

« Tu sais vacances = plaisir, et selon moi, se remettre d’un épuisement, ce n’est pas une partie de plaisir. »

2. La pression sociale & sociétale 

La perfection et le contrôle

En fait, il est prouvé que l’épuisement est de plus en plus fréquent à cause de la société de performance dans laquelle nous vivons. Les exigences sont de plus en plus élevées. Chaque personne essaye de performer à son niveau. Il y a énormément de pression. Et les réseaux sociaux exacerbent ce phénomène, car ils véhiculent beaucoup de comparaison.

Vous espérez un peu, même inconsciemment, devenir une wonder-woman de la vie quotidienne. C’est ce qui provoque un déséquilibre entre : 

  • ce que vous vous demandez souvent à vous-même, ou ce que l’extérieur peut exiger de vous (travail, famille, enfants). 
  • et les ressources qui sont disponibles (votre temps, votre énergie, etc.).

Vous êtes déconnectée de votre corps au profit du mental. Vous poussez continuellement vos limites. Cette réaction est directement liée à un désir de perfection, dans tous les paramètres de votre vie. Il est d’ailleurs difficile pour vous de reconnaître que vous n’allez pas bien. Vous avez beaucoup de mal à demander de l’aide. Vous êtes dans le contrôle, vous voulez rester forte. C’est une attitude très néfaste pour la prévention de l’épuisement.

Ce refus d’un soutien quelconque est une des causes d’épuisement. C’est typique chez les personnes qui vont aller jusqu’au burn-out. La perfection et le contrôle sont deux aspects forts de leur personnalité. Attention, cela fonctionne aussi dans l’autre sens. Ainsi, vous avez peur de déranger. Vous vous dites que ce n’est rien : « Ça va passer ! ». Sauf que rien ne passe et que vous ne faites rien pour.

Burn out : les signes à surveiller

Le surmenage

Une fausse croyance est qu’il faut être surchargé de travail pour faire un burn-out. Les cadres avec un poste à grosses responsabilités seraient plus impactés par l’épuisement. Pourtant, il existe de plus en plus d’épuisement par ennui : le bore-out. Par exemple chez les fonctionnaires ou chez les gens qui ont un emploi très répétitif. Même chez les chômeurs d’ailleurs. Pourquoi ? Parce que les gens ont une perte de repères. Ils se sentent moins utiles. C’est un peu comme un hamster dans sa roue. Le travail est redondant. La personne finit par s’épuiser à force de faire des tâches répétitives. Elle ne se sent pas valorisée. C’est ce qui conduit à l’épuisement.

Il faut arrêter de croire qu’une mère de famille à la maison ne peut pas s’épuiser parce que : « Bon, elle ne travaille pas très fort finalement. » . L’épuisement n’a rien à voir avec la quantité de tâches. Personne n’a à juger ce qui mène quelqu’un au burn-out. La capacité à gérer le stress est toute personnelle. La bonne nouvelle évidemment, c’est que l’on peut s’en sortir.

3. La gestion des émotions

Les émotions

Un autre signe à surveiller pour la prévention de l’épuisement – qui aura un impact sur votre entourage – est la modification de votre humeur. La gestion des émotions est difficile à ce stade. L’émotivité va vraiment prendre beaucoup de place : 

  • impulsivité ;
  • stress ;
  • anxiété ;
  • irritabilité avec des colères de plus en plus fréquentes ; 
  • réactions disproportionnées : vos réactions sont un peu extrêmes par rapport à des choses qui avant ne vous dérangeaient pas avant ; 
  • larmes de plus en plus fréquentes ;
  • etc.

Le facteur stress

En fait, la prévention de l’épuisement dépend également de la régulation du stress chronique. De nos jours, le stress est surnommé la maladie du siècle. Cet état de tension persistant que vous faites vivre à votre corps, entraîne une production continuelle d’hormones de stress : l’adrénaline et le cortisol. Votre cerveau est alors en surcharge et en alerte constante. Progressivement, vos ressources diminuent. Cela va vous conduire à un épuisement physique, mental et émotionnel. C’est-à-dire au burn-out. En fait, vous êtes vidée. Vous avez brûlé toutes vos ressources.

En soi, le stress est une bonne chose parce que c’est un facteur d’alerte. Vos besoins ne sont pas respectés. Mais quand le stress s’accumule et qu’il dure, cela devient néfaste pour votre santé. Ainsi, vous pouvez très bien être maman à la maison, et vous retrouvez complètement vidée de votre énergie. Vous avez des difficultés à gérer votre stress, à concilier toutes vos responsabilités, etc.

4. Le manque de motivation et le désintérêt

L’apathie

Vous ressentez une perte de motivation. Des choses que vous aimiez faire avant, maintenant ne vous intéressent plus trop. Voire vous indiffèrent ! Vous n’avez envie de rien. Vous avez beaucoup de difficultés à vous mettre en action, donc vous procrastinez beaucoup. Tout cet état de lassitude entraîne une difficulté de concentration, mais surtout, vous avez du mal à prendre des décisions. Vous ne savez plus trop ce qui est important ou pas. Cet état d’abattement généralisé va progressivement, mais sûrement, entraîner une baisse de votre estime personnelle.

L’épuisement vs la dépression

Il est vraiment important de ne pas mélanger ces deux syndromes, car il y a beaucoup de similitudes dans les signes. Et même parfois, il y a une cohabitation entre les deux diagnostics chez une même personne. Dans les deux cas, vous pouvez : 

  • avoir une humeur dépressive,
  • vous sentir plus pessimiste, 
  • ressentir une baisse de votre estime personnelle
  • avoir l’impression que vous n’êtes capable de rien, 
  • penser que vous êtes une mauvaise mère ou mauvaise dans le domaine professionnel,
  • etc.

Tout vous paraît insurmontable.

Les symptômes d'un burn out

5. Les comportements addictifs

La prévention de l’épuisement passe par la résistance aux comportements addictifs – peu importe leurs niveaux. Ils mettent en avant une fuite de la réalité. Vous n’avez pas envie d’être à la maison. Vous n’avez pas envie d’être au travail. Vous essayez d’enterrer un peu votre souffrance, d’oublier votre mal-être ou vos problèmes. Ainsi, Annie a souvent remarqué une addiction à :

  •  l’alcool ; 
  • des achats compulsifs (On s’en rend moins compte, mais c’est quand même un signe de mal-être.) ;
  • le jeu ; 
  • le sport ; 
  • la caféine ; 
  • les boissons énergisantes ;
  • etc.

6. L’impact sur le corps

Les répercussions physiques

Vous vous doutez bien qu’à travers cette mauvaise hygiène de vie, ce stress récurrent, cette gestion délicate de vos émotions – et j’en passe ; les conséquences vont se faire sentir. Votre corps va répondre en vous envoyant des signaux d’alerte tels que : 

  • des maux de tête ;
  • de la fatigue ;
  • des ulcères ;
  • des problèmes cutanés ;
  • de la tension ;
  • etc.

L’épuisement physique

Vous êtes un peu comme dans une overdose complètement de tout : de la vie, des tâches, des gens, etc. Vous n’avez envie de rien. Et l’extrême de tout ça, c’est vraiment lorsque votre corps en a tellement assez qu’il arrête de fonctionner. C’est l’épuisement physique total : difficulté à sortir du lit, lourdeur, perte d’appétit, troubles du sommeil, insomnie, etc. Vous n’arrivez plus à fonctionner. Votre corps est à bout de forces. Il bascule littéralement en mode survie.

7. La culpabilité

Il y a beaucoup de fausses croyances qui font que les gens ont un peu honte de parler de burn-out, ou même de demander de l’aide. C’est pour ça qu’il est important d’en parler pour stopper la culpabilité et travailler à la prévention de l’épuisement.

Les hommes autant que les femmes

Un des mythes récurrents est que le burn-out touche autant les hommes que les femmes. Il n’y a rien de sexiste là-dedans, mais c’est faux. Et pour plusieurs raisons. À la base, les femmes ne gèrent pas le stress de la même façon que les hommes. Tout se passe sur le plan émotionnel. Elles ont donc tendance à s’épuiser plus rapidement parce qu’elles agissent beaucoup par instinct dans leur façon de résoudre les problèmes.

Dans beaucoup de cas, les femmes vont subir une pression supplémentaire au niveau professionnel – Eh oui, encore aujourd’hui ! – mais également au niveau de leur charge mentale. Trop souvent, la charge familiale repose entièrement sur les épaules de la mère. Même sans enfant, elle est en partie responsable de beaucoup d’informations pour son conjoint, ou même sa famille rapprochée. Toutes ces petites décisions quotidiennes paraissent anodines, mais additionnées ensemble, elles finissent par aspirer toute l’énergie. C’est ce qui fait que les femmes sont plus fragiles à l’épuisement que les hommes.

Un phénomène de mode

Beaucoup croient que l’épuisement est un phénomène à la mode. Que c’est nouveau. Certains anciens pensent même que les générations d’aujourd’hui sont paresseuses. Qu’elles travaillent moins. Aujourd’hui, c’est vu comme une forme de paresse de parler d’épuisement. Pourtant, les premières recherches vraiment approfondies sur le burn-out datent du milieu du 20e siècle. Donc, cela ne date pas d’hier. Ce n’est pas forcément un mal plus fréquent, il est juste mieux connu. La société actuelle s’y intéresse davantage à l’épuisement.

La santé mentale ayant toujours été (Elle l’est encore.) un sujet tabou, la prévention de l’épuisement est peu évoquée. C’est presque une honte et souvent un secret. Mais ce n’est pas parce que les gens n’en parlaient pas que ça n’existait pas. Le corps a toujours eu la même quantité de ressources. À cause de la société de performance actuelle, vous êtes amenée à faire toujours plus. Avec les technologies, vous êtes sur-sollicitée et hyper-connectée. Cela donne l’impression que vous devez toujours être disponible, sans aucun temps de repos personnel. C’est épuisant et intrusif.

La première partie de ma discussion sur la prévention de l’épuisement s’achève. Je remercie Annie pour tout ce qu’elle a déjà partagé. Vous pouvez la retrouver sur son compte Instagram  @annieprevost.aujourlejour. Je suis certaine que vous y serez aussi sensible que moi. Sachez également qu’elle organise des événements gratuits. N’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil sur ses accompagnements.

Je tiens à vous rappeler qu’il faut tirer la sonnette d’alarme de l’épuisement à temps. N’attendez pas d’arriver au point où vous serez trop léthargique pour sortir de votre lit. Pensez à vous, à votre famille, à vos enfants, à ce que vous voulez. Vous pouvez aujourd’hui prendre le temps de courir pour vos enfants. Mais le jour où vous serez en burn-out, vous ne pourrez plus être là pour eux, c’est pourquoi la prévention de l’épuisement est importante. Pour une maman, se retrouver alitée et ne pas pouvoir s’occuper de ses enfants, doit être très culpabilisant. Les filles d’Annie étaient très jeunes à l’époque de son burn-out. Elles ont été son moteur pour passer à l’action, une motivation. Elle a su rebondir et faire de son épuisement, une force. Elle a montré à travers son burn-out que c’était ok de demander de l’aide et d’être vulnérable. Des mots ont été mis sur ce mal.

Vous savez déjà plus de choses sur la prévention de l’épuisement, mais il reste encore beaucoup à dire. N’oubliez pas d’aller voir la seconde partie de cette discussion où seront abordées les étapes pour se reconstruire après un épuisement.

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